[Switch 2] ns2jb, le premier PoC d'un exploit sur Nintendo Switch 2

Le chercheur pepsipu vient de dévoilé une analyse complète sur sont blog sur l'exploitation d'une faille sur Nintendo Switch 2 par le biais du jeu SmileBasic


Le chercheur pepsipu vient de dévoilé une analyse complète sur sont blog sur l'exploitation d'une faille sur Nintendo Switch 2 par le biais du jeu SmileBasic.
En effet c'est par le biais d'un poste sur Twitter que pepsipu a dévoilé ce qui semble être, un Proof of concept ou PoC d'un exploit a destination de la Switch 2.

Nintendo Switch 2 : un jailbreak 100 % logiciel découvert grâce à l’IA Codex, une avancée majeure pour le hacking de la console

La Nintendo Switch 2 vient de franchir une étape importante dans l'histoire de son piratage. Un chercheur en sécurité est parvenu à développer un jailbreak entièrement logiciel, sans puce électronique ni modification matérielle, compatible avec le firmware 23.0.1. Baptisé ns2jb, cet exploit permet notamment d'exécuter du code natif, de modifier des jeux et d'accéder à certaines fonctions internes de la console. Plus surprenant encore : l'intelligence artificielle Codex a joué un rôle central dans les recherches.

Un premier jailbreak logiciel prometteur pour la Nintendo Switch 2

Depuis son lancement, la Nintendo Switch 2 attire l'attention des chercheurs en cybersécurité, des développeurs indépendants et des passionnés de rétro-ingénierie.
Comme pour la première Switch, l'un des principaux objectifs de la communauté consiste à comprendre les mécanismes de protection de la console afin de permettre l'exécution de logiciels non officiellement autorisés par Nintendo.
Le 22 octobre 2026, le chercheur Sammy Hajhamid, également connu sous le pseudonyme pepsipu, a publié les détails d'une découverte particulièrement intéressante : ns2jb, un jailbreak entièrement logiciel destiné à la Nintendo Switch 2.

Selon son auteur, l'exploit fonctionne sur le firmware 23.0.1, présenté comme la dernière version disponible au moment de ses recherches.
Contrairement aux solutions reposant sur des modchips, ns2jb ne nécessite aucune intervention physique sur les composants internes de la console.
Il s'agit toutefois d'un jailbreak tethered, c'est-à-dire dépendant d'une procédure externe pour son activation. Il ne constitue donc pas encore un déverrouillage permanent et autonome.

Cette distinction est importante : ns2jb représente une avancée technique majeure, mais pas encore une solution grand public comparable à un custom firmware complet.

Codex, l'intelligence artificielle au cœur des recherches

L'une des particularités de cette découverte réside dans l'utilisation de Codex, l'agent de programmation d'OpenAI.

Plutôt que de confier uniquement à l'intelligence artificielle l'analyse de portions de code, Sammy Hajhamid a construit un environnement permettant à Codex d'interagir directement avec des consoles physiques.

Son installation comprenait notamment :

- Une Nintendo Switch de première génération.
- Une Nintendo Switch 2.
- Deux dispositifs JetKVM.
- Un mécanisme SwitchBot destiné à actionner physiquement le bouton d'alimentation.

Les dispositifs JetKVM permettaient à Codex d'envoyer des commandes aux consoles par USB et de récupérer leur affichage vidéo via HDMI.
Le mécanisme SwitchBot servait, quant à lui, à redémarrer la console lorsqu'un plantage nécessitait une pression physique sur le bouton d'alimentation.
Cette configuration a permis de créer un environnement d'expérimentation dans lequel l'IA pouvait participer aux tests, observer les résultats et poursuivre ses investigations.
Le chercheur explique avoir donné à Codex un objectif particulièrement ambitieux : réussir à jailbreaker la Switch 2 sans commettre d'erreur.
Il ne faut cependant pas interpréter cette expérience comme un piratage entièrement autonome réalisé par l'intelligence artificielle. Le récit montre que Sammy Hajhamid a lui-même orienté les recherches, identifié des pistes d'exploitation et pris plusieurs décisions techniques essentielles.
La découverte illustre donc surtout la puissance d'une collaboration entre expertise humaine et agents IA spécialisés dans le développement et l'analyse de code.

Une première piste d'attaque passant par WebKit

Pour tenter d'obtenir une première exécution de code, Codex s'est initialement intéressé à WebKit, le moteur de navigateur utilisé dans de nombreux environnements logiciels.
Ce choix n'avait rien d'étonnant.
Historiquement, les navigateurs et leurs composants ont constitué des surfaces d'attaque intéressantes pour les chercheurs travaillant sur le jailbreak de consoles.
Dans cette expérience, Codex a étudié une vulnérabilité WebKit déjà connue, exploitable à travers un portail captif Wi-Fi personnalisé.
L'agent a rapporté une forme de détournement du flot d'exécution natif, mais cette approche s'est rapidement heurtée à plusieurs protections avancées.

Parmi elles figuraient :

- XOM (Execute-Only Memory) : une protection empêchant la lecture directe de certaines zones mémoire contenant du code exécutable.
- PAC (Pointer Authentication Codes) : un mécanisme destiné à renforcer l'intégrité des pointeurs et à compliquer leur falsification.
- CFI (Control-Flow Integrity) : une technologie limitant les possibilités de détourner le chemin d'exécution normal d'un programme.

Ces protections rendaient particulièrement difficile le passage d'un contrôle limité sur WebKit à une exécution de code réellement exploitable dans les services internes de la console.
Cette première piste n'a finalement pas abouti au jailbreak recherché.
Le chercheur a donc exploré une autre voie, en s'appuyant cette fois sur la compatibilité de la Switch 2 avec certains logiciels de la première génération.

SmileBASIC : une ancienne application devient une porte d'entrée

L'une des décisions les plus importantes du projet a consisté à examiner les jeux et applications conçus pour la Nintendo Switch originale.
L'idée était relativement simple : les programmes développés pour une architecture plus ancienne pouvaient présenter des caractéristiques de sécurité différentes de celles des logiciels natifs de la Switch 2.
Le chercheur s'est notamment intéressé à SmileBASIC, un environnement permettant de programmer directement sur console avec le langage BASIC.
Cette application constituait une cible intéressante, car une précédente version avait déjà été concernée par un exploit connu sous le nom de smilehax sur Nintendo 3DS.
En analysant son interpréteur, Codex a découvert une vulnérabilité liée à un dépassement d'entier signé sur 32 bits.
Le problème concernait notamment la gestion de la suppression d'éléments dans des tableaux.
Dans certaines conditions, un calcul utilisé pour vérifier les limites d'un tableau pouvait produire un résultat incorrect à cause d'un débordement arithmétique.
Cette erreur permettait ensuite de provoquer une opération de copie mémoire dépassant les limites normalement prévues.
En manipulant les structures internes concernées, les chercheurs ont pu transformer ce comportement en capacité de lecture et d'écriture hors limites.
Cette primitive mémoire a constitué une étape décisive.
Elle a permis de progresser vers une technique appelée ROP (Return-Oriented Programming), qui consiste à détourner l'exécution d'un programme en réutilisant des séquences d'instructions déjà présentes en mémoire.
L'intérêt de cette méthode est qu'elle peut permettre de contourner certaines restrictions empêchant l'injection directe de nouveau code exécutable.

SmileBASIC est ainsi devenu le premier maillon de la chaîne d'exploitation menant au jailbreak de la Switch 2.

Une vulnérabilité dans le module système de gestion des fichiers

Obtenir un premier contrôle sur une application ne suffisait cependant pas à déverrouiller les fonctionnalités internes de la console.
La Switch 2 repose sur différents services système, appelés sysmodules, qui disposent de permissions spécifiques.
Pour progresser, Sammy Hajhamid devait trouver un moyen d'interagir avec un composant plus privilégié.
Son attention s'est portée sur fs, le module système responsable de différentes opérations liées au système de fichiers.
Ce choix était stratégique.
Le module fs intervient notamment dans l'accès aux contenus stockés et dans certaines opérations nécessaires au chargement des programmes.
En étudiant les mécanismes de normalisation des chemins de fichiers, le chercheur a identifié une vulnérabilité de type buffer overflow, ou dépassement de tampon.
Le problème provenait d'une routine utilisant un espace mémoire temporaire de taille fixe pour traiter certains chemins.
Dans des circonstances particulières, des données plus volumineuses que le tampon prévu pouvaient y être copiées.
Cette erreur ouvrait la possibilité de corrompre des structures mémoire voisines.
En combinant cette vulnérabilité avec la manipulation d'objets de cache utilisés par le système de fichiers, les chercheurs sont parvenus à obtenir une primitive ARW (Arbitrary Read/Write).
Autrement dit, ils disposaient d'une capacité de lecture et d'écriture arbitraires dans la mémoire du processus concerné.
Cette étape a permis d'aller beaucoup plus loin que le contrôle initial obtenu via SmileBASIC.
Le chercheur explique notamment avoir pu modifier des informations associées à son processus pour obtenir des permissions élevées sur le système de fichiers.
Il a ensuite extrait des données du stockage interne ainsi que le code de plusieurs modules système, afin de poursuivre leur analyse hors ligne.

Comment ns2jb contourne la chaîne de confiance de Nintendo

L'une des parties les plus intéressantes de cette découverte concerne le fonctionnement du chargement des programmes sur Nintendo Switch 2.
Normalement, la console s'appuie sur une chaîne de vérifications cryptographiques destinée à garantir l'authenticité et l'intégrité des logiciels exécutés.
Les programmes sont notamment distribués sous forme de **Nintendo Content Archives (NCA)**.
Ces archives contiennent différentes informations nécessaires à leur chargement, dont les exécutables et les métadonnées définissant les permissions des processus.
Le système vérifie notamment des signatures numériques et des empreintes cryptographiques pour s'assurer que le contenu correspond bien aux éléments autorisés.
En théorie, ces contrôles doivent empêcher l'exécution de programmes modifiés ou non approuvés.
Mais les chercheurs ont identifié une faiblesse dans la manière dont certains composants coopèrent lors du chargement.
Le module fs fournit au chargeur des informations cryptographiques valides, puis lui donne accès au système de fichiers contenant les éléments du programme.
Grâce au contrôle mémoire obtenu précédemment, il devenait possible de modifier le contenu effectivement présenté au chargeur après certaines étapes de vérification.
Le mécanisme revenait à faire accepter des informations d'authenticité légitimes tout en substituant une partie du contenu exécutable.
Il ne s'agissait donc pas de casser directement les algorithmes cryptographiques de Nintendo.

L'exécution de code natif devient possible

Une fois cette étape franchie, les chercheurs ont pu charger du code arbitraire en utilisant les métadonnées de programmes légitimes.
Cette capacité est particulièrement importante, car les permissions accordées à un processus dépendent notamment de ces métadonnées.
En utilisant celles d'un module système disposant de privilèges spécifiques, il devenait possible d'exécuter du code avec des autorisations plus intéressantes que celles d'une application classique.
Le chercheur s'est notamment appuyé sur le module ro, qui possède des permissions liées à certaines opérations de gestion de la mémoire et du code exécutable.
Cette approche a finalement permis d'agir sur le module fs lui-même et d'y exécuter du code natif.
Au terme de cette chaîne d'exploitation, ns2jb permet donc d'exécuter du code avec les permissions de différents modules système ordinaires, ainsi qu'au sein du module fs intégré.
Cela ouvre la voie à de nombreuses expérimentations techniques sans devoir exploiter individuellement chaque pilote matériel.

Mario Kart World modifié pour démontrer les possibilités du jailbreak

Pour illustrer concrètement les capacités de ns2jb, les chercheurs ont choisi un jeu emblématique de la nouvelle console : Mario Kart World.
Avec l'aide de Codex, ils ont réalisé une modification du jeu permettant notamment d'introduire des personnages personnalisés.
Cette démonstration constitue un exemple concret de ce que peut permettre un accès plus profond au fonctionnement logiciel de la Switch 2.
Le modding est l'une des activités historiquement associées aux consoles déverrouillées.
Il peut permettre de modifier des éléments graphiques, d'ajouter du contenu personnalisé, d'expérimenter avec les mécanismes de jeu ou de développer de nouvelles fonctionnalités.
Dans le cas de Mario Kart World, la démonstration ne signifie pas que tous les jeux Switch 2 sont désormais facilement modifiables.

Elle confirme néanmoins que l'exécution de code obtenue grâce à ns2jb possède des applications concrètes au-delà d'une simple preuve de concept.

Homebrew, sauvegardes et rétro-ingénierie : que permet réellement ns2jb ?

Les capacités décrites par Sammy Hajhamid sont particulièrement intéressantes pour la communauté des développeurs indépendants.

Le jailbreak ouvre notamment plusieurs perspectives :

- Exécution de homebrew : lancement de logiciels natifs développés en dehors de l'écosystème officiel de Nintendo.
- Modding de jeux : expérimentation et modification de certains contenus ou comportements logiciels.
- Accès aux sauvegardes : possibilité d'extraire des fichiers de sauvegarde à des fins de sauvegarde personnelle ou d'analyse.
- Rétro-ingénierie : étude du fonctionnement interne des programmes et de plusieurs composants du système.
- Recherche matérielle : exploration de certains périphériques de la console grâce aux accès mémoire disponibles.

Le chercheur évoque également la possibilité d'étudier plus directement certains mécanismes cryptographiques matériels utilisés par la console.
Ces fonctionnalités pourraient à terme faciliter le développement d'outils homebrew, d'applications expérimentales ou de solutions d'émulation.
Il faut néanmoins distinguer les capacités techniques de l'exploit actuel des fonctionnalités qu'un éventuel écosystème logiciel pourrait proposer dans le futur.

ns2jb n'est pas, à ce stade, un custom firmware complet et prêt à l'emploi.

Un jailbreak sans modchip, mais encore plusieurs limites

L'un des principaux intérêts de cette découverte est l'absence de modification matérielle nécessaire à l'exploitation elle-même.
Sur les consoles modernes, certaines méthodes de déverrouillage nécessitent l'installation de composants électroniques supplémentaires.
Ces opérations peuvent impliquer l'ouverture de la console, des soudures délicates et des risques matériels.
Une méthode entièrement logicielle présente donc un intérêt évident.
Cependant, plusieurs limitations importantes subsistent.
D'abord, ns2jb est un jailbreak tethered. Son fonctionnement ne correspond pas à une compromission permanente de la console.
Ensuite, la chaîne d'exploitation repose sur plusieurs conditions logicielles et sur des composants précis.
La disponibilité et la facilité d'utilisation de la méthode peuvent donc dépendre de l'environnement installé sur la machine.
Enfin, les recherches présentées ne démontrent pas l'existence d'une solution universelle permettant de contourner toutes les protections de la Switch 2.
Le chercheur précise lui-même que d'autres composants internes restent à étudier et que de nouvelles vulnérabilités seraient nécessaires pour étendre certaines capacités.
Il serait donc prématuré d'annoncer que la console est entièrement déverrouillée.

Nintendo peut-il corriger cette faille ?

La publication de ns2jb soulève naturellement une question : Nintendo peut-il neutraliser cet exploit avec une mise à jour ?
Dans le principe, les vulnérabilités logicielles exploitées dans cette chaîne peuvent faire l'objet de correctifs.
La faille de normalisation des chemins dans le module fs constitue notamment un point d'intervention potentiel.
Nintendo pourrait également renforcer certaines vérifications liées au chargement des exécutables et à la cohérence des données utilisées par les différents services système.
Toutefois, la correction d'une vulnérabilité ne garantit pas nécessairement l'élimination de toutes les méthodes d'exploitation possibles.
Une chaîne de jailbreak peut reposer sur plusieurs faiblesses distinctes, dont certaines peuvent être remplacées par de nouvelles découvertes.
Le chercheur envisage d'ailleurs de réexaminer WebKit afin de déterminer si la vulnérabilité du module fs pourrait être atteinte par une autre porte d'entrée.
Cette piste serait intéressante, car elle pourrait réduire la dépendance à une application particulière.
À ce stade, les informations présentées ne permettent cependant pas d'affirmer qu'un correctif Nintendo a déjà été publié ou que l'exploit restera compatible avec les prochaines versions du firmware.

L'intelligence artificielle pourrait accélérer la découverte de failles sur les consoles

Au-delà de la Switch 2, cette recherche met en évidence une évolution importante des pratiques de cybersécurité.
L'utilisation d'agents IA capables d'analyser du code, de proposer des hypothèses, de réaliser des tests et d'interagir avec du matériel pourrait accélérer certaines étapes de la recherche de vulnérabilités.
Dans cette expérience, Codex a notamment contribué à l'identification d'une erreur de gestion mémoire dans SmileBASIC et à l'exploration de différentes surfaces d'attaque.
Mais le projet montre aussi les limites de l'automatisation.
L'agent a exploré une piste WebKit qui n'a pas abouti, tandis que plusieurs choix déterminants provenaient directement du chercheur.
L'IA n'a donc pas remplacé l'expertise humaine.
Elle a plutôt servi d'outil d'investigation capable de multiplier les analyses et les expérimentations.
Cette complémentarité pourrait devenir particulièrement importante dans les domaines du reverse engineering, de l'audit de sécurité et de la recherche de vulnérabilités complexes.
Elle pose également des questions pour les constructeurs, qui devront adapter leurs stratégies de défense à des outils capables d'accélérer l'identification de défauts logiciels.

Quelles perspectives pour la scène homebrew Switch 2 ?

La publication de ns2jb pourrait constituer un point de départ important pour la communauté.
Sammy Hajhamid identifie plusieurs axes de recherche possibles, notamment l'adaptation de certaines étapes de l'exploitation à WebKit, l'étude d'autres modules système intégrés et l'exploration des fonctionnalités cryptographiques accessibles depuis fs.
Il indique également avoir testé l'exploit sur la première Nintendo Switch, sans avoir encore préparé de version distribuable pour cette console.
À plus long terme, les résultats pourraient contribuer au développement d'outils de modding, de solutions homebrew plus avancées et éventuellement de nouveaux environnements logiciels.
Cependant, rien ne garantit aujourd'hui l'arrivée rapide d'un custom firmware public et simple à installer.
Les travaux présentés constituent avant tout une avancée en matière de recherche de sécurité.

Source :
Blog de pepsipu / Gitlab de ns2jb


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